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lundi 23 juin 2014
: mais qu'arrivera-t-il au salaire (les sous ) de l'enseignant, tuteur devenu, alors qu'il est bien souvent rétribué au "nombre d'heures d'enseignement en salle" ?
Propos de Marcel Lebrun
Formation en ligne et/ou à distance, classes inversées, hybridation ... Question souvent posée : mais qu'arrivera-t-il au salaire (les sous ) de l'enseignant, tuteur devenu, alors qu'il est bien souvent rétribué au "nombre d'heures d'enseignement en salle" ? Réponse : Que les enseignants soient rétribués, non plus sur la base des heures d'enseignement, mais plutôt proportionnellement aux ECTS (temps de travail "apprenant") dont ils ont la charge.
Deux raisons : (1) enseigner c'est fournir à l'apprenant des occasions d'apprendre et (2) l'UE recommande (impose ?) de définir les enseignements en ECTS.
Autant dire, cette idée est © ... Bon d'accord, ce n'est qu'une application du principe "formation centrée sur l'apprentissage". Et du principe à sa mise en place, c'est la cohérence
Sylviane Bachy idée
intéressante, mais j'imagine que sa réalisation financière ne va pas
arranger le politique. Aujourd'hui un enseignant est payé plus ou moins
30h pour un cours de 5ECTS (150h) soit un cinquième entre le temps
enseignant et le temps apprenant. Passer à l'autre logique exposerait
les institutions à revoir son financement : pas évident du tout que cela
!
Marcel Lebrun Hum Sylviane Bachy,
mais on peut même le faire à budget constant par un vieux machin qui
s'appelle la "règle de trois". L'avantage serait simplement l'autonomie
(enseigner et/ou favoriser l'apprentissage) au sein des ECTS attribués
Propos de Jean-Paul Moireau
Comment imaginer le futur des
enseignements et des apprentissages quand on ne dispose que des idées
d’aujourd’hui ? C’est une question qui ne cesse de me tarauder lorsqu’il
s’agit d’imaginer l’espace physique de formation. Je crains
régulèriement d’habiller de code numérique des idées anciennes.
Nous entendons, nous lisons de plus en
plus régulièrement le terme de classe connectée. Que recouvre ce terme
avec lequel nous devons composer dans nos réflexions ? Qui est connecté
(un lieu, des lieux, des machines, des personnes, les quatre en même
temps? Quel est la définition du mot classe ?
Tout d’abord il faut tenter de cerner le
mot classe. Nous pouvons l’entendre au moins avec deux sens. Celui
immobilier qui englobe les murs, les tables, les chaises, les tableaux.
Doit-on envisager cette classe seule ou faut-il l’englober dans un
ensemble plus vaste qui est l’établissement. Il faut ici se poser la
question des agencements dans un contexte numérisé.
Nous pouvons aussi l’entendre comme l’ensemble des élèves
constituant un groupe classe. Il est fréquent que nous parlions de nos
élèves en évoquant la classe de 6ème, la classe de quatrième, la classe
de terminale.
Ces deux acceptions du terme ne nous
renseigne pas sur sa taille et sa situation car elle peut être chiffrée à
15, à 30, à 400, à 800 … Elle peut être de taille modeste dans une
classe unique dans une école de campagne ou un immense amphithéâtre de
900 places pour des cohortes de L1.
On le constate c’est un terme unique qui
nous est proposé pour évoquer un ensemble de solutions hétérogènes. Nous
entrons dans la complexité.
Il ne s’agit pas de faire disparaître un
terme pour en faire émerger un autre mais bien d’interroger ce concept,
de le triturer, d’en extraire un substrat.
Qu’est ce qu’une classe au 21ème siècle ?
Le concept large d’espace éducatif semble mieux convenir que celui de
classe. La seule entité physique immobilière n’est plus suffisante pour
appréhender correctement ce lieu. La classe est un subtil mélange entre
l’espace réel et l’espace virtuel dans lesquels enseignants et
apprenants circulent. C’est à partir de ce constat qu’il faut essayer de
penser la classe connectée.
Il ne s’agira pas ici de limiter la
réflexion aux acteurs du monde éducatif mais bien de l’élargir aux
architectes, aux designers, aux programmistes, aux chercheurs, aux
usagers, aux politiques, aux services des ressources humaines.
Qu’entend-on par classe connectée ? Qui est connecté ? On peut analyser ce concept à plusieurs niveaux de complexité :
1 – Intégrer des outils dans une salle
pour remplacer l’analogique par du numérique. Nous sommes ici dans un
processus de transfert /remplacement. La structure de la classe n’est
pas foncièrement transformée car le matériel est souvent concentré en
un lieu dédié (la salle informatique). On est encore dans un processus
de partition entre le cours traditionnel et le cours instrumenté.
2 – Les outils sont insérés dans la
classe et l’on commence à mixer l’espace réel avec l’espace virtuel. On
commence à scénariser mais il faut bien être conscient des difficultés
liées ; au risque de l’effet diligence, aux temps perdus en réglage, aux
quêtes de la connexion parfaite (ou dit autrement à batailler contre
l’absence de connexion) …
3 – Intégrer les outils numériques et
développer une réflexion qui permettent de passer d’une logique de
formation classique à une logique de formation instrumentée. La
réflexion est menée par les enseignants, les équipes enseignantes.
Formation et lieu de formation sont encore indissociables à ce stade.
4 – Intégrer les outils numériques et
développer une réflexion qui permette de passer d’une logique de
formation classique à une logique de formation instrumentée
transversale. La réflexion est menée au niveau d’un établissement. On
intègre dans le processus réflexif la communauté scolaire qui collabore
en inter-corps. On peut commencer à modifier, non plus la seule
structure de la salle mais l’agencement de certaines parties de
l’établissement. Nous sommes ici encore largement dépendant de l’effet
prof / chef d’établissement. Les constructions sont très dépendantes des
individus et pas encore de la structure.
5 – Engager une réflexion sur le sens du
terme connecté pour une classe, c’est-à-dire au-delà de la simple
capacité technique de connecter des outils au web. Nous pouvons
entendre ici le terme connecté comme la capacité opérationnelle
d’associer les machines et les acteurs :
Connecter des machines —
> C’est se poser la question de leur placement dans l’espace. Où
doit-on les placer pour favoriser la collaboration en classe si l’on
part du postulat que les fonctionnalités de ces machines tendent à
favoriser la collaboration et la coopération.
Connecter des individus —
> Il faut partir à nouveau de la spatialisation desdits individus.
Pense t-on que la classe est le seul lieu d’apprentissage et
d’enseignement ? Si non il faut converger vers le concept d’espace de
formation connecté et plus celui réducteur de classe connectée.
Il faut ici identifier quels sont ces espaces ? Ceux au sein desquels s’exercent des interactions :
L’espace de la classe comme lieu
d’interaction entre un enseignant et des apprenants. Les designers, les
architectes, les programmistes, les acteur de terrains peuvent s’emparer
de ce débat en collaborant ;
L’espace de l’établissement au sein
duquel peuvent s’exercer une multitude d’interactions scénarisées. Les
équipes, les chefs d’établissement peuvent s’emparer ce ce débat en
collaborant ;
Les espaces d’une multitude
d’établissements au sein desquels des équipes peuvent collaborer. c’est
peut être ici que commence la réflexion le concept de connexion. Le
numérique nous donne enfin la possibilité de faire converger les savoirs
là où on peut les trouver.
La classe existe aussi comme lieu d’entrée
vers des interactions multiples. Les équipes des réunions de bassins
peuvent s’en emparer en associant les acteurs des projets ;
Les espaces personnels des acteurs
(enseignants et apprenants) sont devenus des espaces du savoir car le
numérique professionnalise par intermittence ce lieu. En disant cela,
j’induis l’idée qu’un enseignant peut travailler de son domicile (ou
d’un lieu de télétravail dans un établissement qui reste à inventer).
La
question ici plus que technique est politique et juridique car il faut
redéfinir le temps de travail. Qu’est ce que le temps de travail si la
connexion affranchit parfois du rapport présentiel enseignant /
apprenant. Nous entrons ici dans l’innovation de la classe connectée.
C’est de l’innovation sociale :
Comment imaginer juridiquement le nouveau
temps de travail dans l’espace de formation connectée ? Comment réguler
ces temps connectés ?
Comment réguler les espaces connectés ? La
distance peut-elle devenir une variable des services enseignants et
apprenants ? Peut on imaginer une économie de la confiance lorsque la
classe connectée agrège des compétences distantes ?
L’innovation est l’horizon du quotidien
des enseignants, il faut la compléter par de l’imagination et de
l’audace politique (État et collectivités locales) pour penser
réellement la classe connectée.
La classe connectée en tant qu’espace
large d’interaction s’exerçant dans des lieux institutionnels et / ou
privés devrait engager les constructeurs immobiliers à penser la
conception d’espace collectifs dans les immeubles.
Pourquoi ne pas
imaginer des pièces communes de co-working dans les immeubles ? La
collaboration doit se vivre par l’imagination. Dite aujourd’hui l’idée
peut paraître farfelue mais elle mérite une réflexion me semble t-il.
Dans ce billet, je me suis contenté d’ébaucher une réflexion, il faudrait que d’autres contribuent à cette amorce de cadrage.
Je termine ce billet par cette
sempiternelle bouteille à la mer, décideurs, politiques, enseignants,
cadres, élèves les colonnes de ce blog vous sont ouvertes pour
argumenter, débattre. Oser ce serait déjà un réel acte de connexion à
vocation réticulaire.
Propos de Jean-Paul Moireau
samedi 21 juin 2014
La scénarisation
Méthode de conception de capsules
scénarisation des contenus en FOAD
http://www.supportsfoad.com/
scénarisation des contenus en FOAD
http://www.supportsfoad.com/
mardi 17 juin 2014
plateforme calameon
Je vous achemine avec plaisir un code d'accès invité pour cette plateforme de formations; voici les informations à inscrire :
courriel: cameleon_visiteur@cssmi.qc.ca
mot de passe: cameleon13
samedi 14 juin 2014
L'Open Data
En apparence, le rapport formule des préconisations ambitieuses. Le président de la Mission, Jacques Hyest (UMP), et la rapporteure, Corinne Bouchoux (EELV), proposent un changement de paradigme : considérer la publication comme la règle et la non-publication comme l’exception. Ce postulat entraîne plusieurs applications intéressantes :
*L’activité administrative devait toute entière être repensée dans l’optique d’une diffusion future, en optant notamment pour des formats ouverts et lisibles par machine.
*Le rapport favorise une accélération des procédures d’obtention des information publiques. Il existerait désormais un « référé communication » devant le juge administratif sur saisine de la CADA, sous réserve que la demande corresponde à un type de document déjà communiqué antérieurement ou qu’il figure sur une liste de documents appelés à s’ouvrir.
*La CADA pourrait s’auto-saisir, sans attendre l’arrivée d’une demande.
*Enfin, il existerait désormais un open data de l’open data : chaque service doit établir un bilan annuel des documents communiqués (ou des refus de communication). La CADA pourra publier à la fin une liste des « mauvais élèves ».
Mais les ambitions du rapport butent sur un blocage majeur : il n’appelle pas à actualiser la loi de 1978 ; il encourage même son maintien en l’état. Le rapport incite plutôt à développer une politique d’ouverture des données souple, sans passer par une contrainte légale. Lors de la conférence de presse qui a accompagné la publication du raport, Corinne Bouchoux a envoyé des signaux contradictoires. D’un côté, elle a souligné au début de la conférence que les politiques publiques en étaient restées à l’ère du papier et qu’une rupture majeure était nécessaire. De l’autre, elle considère qu’une simple auto-régulation informelle suffit pour changer les choses, sans qu’il ne soit nécessaire d’adapter les dispositifs existants.
Ces positions sont décevantes dans la mesure où la France va devoir transposer d’ici à 2015 la nouvelle directive relative à la réutilisation des informations du secteur public. La mission Etalab travaille à définir le périmètre de cette transposition et SavoirsCom1 a déjà eu l’occasion de défendre l’idée d’une transposition ambitieuse en vue de mettre un Open Data par défaut, qui implique nécessairement une refonte de la loi du 17 juillet 1978. Il n’est pas normal que la politique d’ouverture des données s’appuie uniquement sur des recommandations et fasse peser sur les administrations la décision de s’engager dans la voie de l’Open Data. Une telle approche fait courir le risque d’une rupture d’égalité entre les citoyens, selon qu’ils sont soumis à telle ou telle administration ayant fait le choix ou non d’ouvrir ses données.
Par rapport spécifiquement à l’intervention des membres de SavoirsCom1 devant la mission, les résultats sont mitigés. Nos propositions concernant les métadonnées culturelles ont globalement bien été prises en compte. Par contre, les recommandations sur le domaine public sont préoccupantes — et lesdonnées de la recherche sont totalement oubliées (v. p 180-182 du rapport) :
*Les métadonnées culturelles devraient être normalisées. La notion de droit d’auteur des fonctionnaires est battue en brèche : « le législateur pourrait envisager de préciser dans le code de la propriété intellectuelle que les données collectées par les agents publics relèvent en principe que leur mission de service public et que leurs modifications sont réputées intervenir pour l’intérêt du public ». La réutilisation des données est non seulement possible mais souhaitable : « Il conviendra ensuite de susciter la réutilisation de ces données » (p. 181). Sur le plan des licence, Le CC-By-Sa est envisagée comme une alternative à la licence ouverte : il est jugé « attractif », car il permet « la disposition de toutes les réutilisations conçues par des initiatives privées », même si il peut être dissuasif « à l’égard de certaines initiatives dont l’objet est commercial (p. 183). Le terme d’attractif va dans le bon sens mais ne saurait être satisfaisant.
*Par contre, la partie sur le domaine public entérine le copyfraud : « Seules les œuvres entrées dans le domaine public sont susceptibles de réutilisation sauf si leur numérisation ouvre des droits nouveaux » (p. 181). Et une note de bas de page ajoute « Notamment en cas de conception des photographies d’œuvres en deux dimensions ». Le principe de réutilisation est encouragé mais uniquement à des fins non commerciales : « l’ouverture générale et gratuite des contenus entrés dans le domaine public et numérisés par les institutions culturelles publiques devrait être posée en principe au moins pour toute réutilisation non commerciale ». Dans l’ensemble, il s’agit de généraliser le système de semi-ouverture appliqué par des établissementscomme la BNF. Néanmoins, bien que confortés par la directive, les accords d’exclusivités sur le modèle BNF-Proquest sont dénoncés : « il apparaît souhaitable de ne pas autoriser des partenariats de numérisation comportant des clauses d’exclusivité quand bien même la directive modifiée l’autorise dans son article 11 ». Il n’en reste pas moins que sur cet aspect, le rapport est en retrait des propositions du rapport Lescure, qui avait préconisé de consacrer et de mieux protéger le domaine public numérisé, ainsi même que des récentes recommandations du Ministère de la Culture relatives au domaine public et aux redevances appliquées auxdonnées culturelles.
*Les données de la recherche sont globalement éludées, alors qu’elles constituent pourtant un sujet de plus en plus prégnant. Interrogé à ce sujet par Pierre-Carl Langlais, membre de SavoirsCoM1 présent lors de la conférence de presse, Corinne Bouchoux ‘a confirmé que le sujet n’avait pas été repris dans la discussion finale, mais qu’il pourrait faire l’objet d’un rapport en tant que tel.
Si ce rapport du Sénat peut jouer un rôle positif dans le développement d’une culture de l’Open Data, SavoirsCom1 regrette qu’il reste en retrait sur la question de l’adaptation législative. Un toilettage a minima de la loi de 1978 à l’occasion de la transposition de la directive ne suffira pas à doter la France d’un cadre favorable à une politique exemplaire en matière d’Open Data.
La Commission « numérique » qui a été installée cette semaine à l’Assemblée nationale a elle aussi annoncéson intention de se saisir de la question de l’Open Data.
vendredi 13 juin 2014
Le numérique, facteur d'incertitude créative dans l'enseignement
Créé le dimanche 8 juin 2014 |
Mise à jour le lundi 9 juin 2014
Se reposer sur une mécanique bien rodée réduit incertitude
et risque. Même en matière d’apprentissage, se fonder sur un scénario
pédagogique excluant les facteurs d’incertitude liés à des pratiques,
techniques pédagogiques nouvelles ainsi qu’à l’introduction de
technologies innovantes, offre un confort indéniable.
C’est aussi un bon
moyen d’éviter de se mettre en difficulté et de s’assurer une
réputation d’enseignant plébiscité par ses élèves (ainsi que leurs
parents). En effet, bien que l’apport des nouveaux outils soit pensé
comme nécessaire par la communauté des apprenants, ces derniers restent
sceptiques lorsqu’ils sont confrontés à une modification de leurs
habitudes d’apprentissage.
De ce fait, on peut en déduire que la classe
inversée ainsi que l’introduction des smartphones et des réseaux sociaux
dans l’espace d’une classe ne pourront se développer qu'à la condition
de repenser la scénarisation des formations et l’acte pédagogique.
La forte empreinte des modèles pédagogiques traditionnels
Qu’est-ce qu’un bon cours ? La réponse pourrait sembler difficile à
donner … et pourtant on observe une certaines permanence des éléments
d’appréciation qui tiennent à la structure, à la diversité des
activités, au temps de synthèse et de prise de notes.
Si on peut dégager
des principes immuables dans la construction d’un cours, il est alors
possible de les modéliser. On aboutit alors à organiser tout
apprentissage de façon quasi linaire selon un rythme prédéfini.
On
aboutit comme le souligne Bruno Devauchelle à une « vision mécaniste » de la notion de scénario de cours qu’il suffit « d’observer et démonter » pour ensuite « modéliser pour implémenter dans une machine qui pourrait jusqu’à remplacer l’enseignant ».
Cette tendance à la modélisation des formations est largement
utilisée dans le cadre de l'e-learning. En posant de façon quasi
systématique des règles dans la scénarisation et le séquençage, force
est de constater que les dispositifs de formations tendent à se
standardiser, et s’articulent le plus souvent autour du triangle
vidéos-fiches-exercices auquel s’adjoignent des espaces collaboratifs
qui n’en n’ont que le nom.
Or ces structures qui permettent une
industrialisation aisée des modules de formations n’ont qu’un impact
pédagogique limité. Ils laissent peu de place à un élément primordial en
pédagogie, celui de l’aléa.
L'aléa numérique, ressort pédagogique incontournable
L’aléa nécessite de faire une place aux adaptations qui viendront
bousculer, voire transformer en profondeur le scénario initial. Une
question imprévue qui peut faire débat, des fous-rire incontrôlables
d’élèves, des oublis de documents ou encore de manuels sont courants.
Ce
sont ces événements qui « font la classe » et crée la dynamique du
groupe. A ces imprévus du présentiel, viennent se superposer de nouveaux
facteurs d’incertitude tels que les défauts de fonctionnement du TBI ou
TNI, des serveurs inaccessibles, des connections internet défectueuses,
la batterie vide de la tablette et la mystérieuse disparition du
chargeur...
Cette énumération qui n’est
pas exhaustive vient souligner le fait que dans ces situations,
enseignants et élèves doivent s’adapter, en direct et en temps réel.
L’aléa est donc sous-jacent à l’utilisation du numérique.
Maîtriser l'incertitude
La difficulté tient à ce que les outils numériques qui offrent des
possibilités formidables en matière d’apprentissage ne peuvent être
limités à une utilisation occasionnelle. L’évolution est progressive
certes mais les tendances éducatives fondées sur une utilisation
systématique du numérique trouveront leur place.
Et qui dit utilisation
plus fréquente, dit aléas eux aussi plus fréquents... Cependant, un aléa
peut être maîtrisé. Ainsi créer une séquence centrée autour d’un usage
numérique oblige l’enseignant à prévoir un plan B, au cas où l'outil ne
fonctionnerait pas ou dont l'utilisation s'évèrerait moins facile que
prévu.
Mais alors pourquoi s’embarrasser du numérique s’il faut tout de même
construire un cours sans le numérique ? Pourquoi perdre du temps ?
La réponse est simple : pour en gagner ! Cette affirmation mérite quelques éclaircissements.
D’un point de vue technique, les utilisateurs gagnent en matière de
connexion et d’accès. Pour exemple, les durées de rétablissement des
réseaux se réduisent et les temps de chargement de vidéos ou
d’applications sont toujours plus courts. L’incertitude du
fonctionnement est maîtrisée.
D’un point de vue pédagogique, la réalisation d’un cours à partir du
numérique permet de modifier sa démarche. Dans le cadre du scénario de
cours (à ne pas confondre avec la scénarisation pédagogique, travail de
conception d’un dispositif de formation dans son intégralité),
ll'enseignant peut aisément endossier plusieurs rôles, entre expert de
la matière, concepteur et animateur.
L’espace classe est plus perméable
au monde, puisqu’Internet et les réseaux permettent un contact avec
l’environnement extérieur.
L’enseignant va devoir à plus ou moins long terme intégrer cette
mutation de sa fonction et de l’espace d’apprentissage. Comprendre
comment intégrer les nouveaux ressorts de l’enseignement liés à
l’introduction massive du numérique participe à une meilleure gestion du
temps de la formation de l’enseignant ainsi qu’à la mise en œuvre de
nouvelles techniques et démarches pédagogiques.
Car un cours basé sur le numérique, rappelons-le, ne se limite pas à
une vidéo de 3 mn et un exercice. Passer à un apprentissage digital
oblige à une réflexion profonde sur les supports présentés, leur
contenu, leur temps d’appropriation, leur contestation possible, à une
mise en œuvre d’activités diverses, qui évolueront selon les apprenants
et les applications numériques disponibles, à imaginer des productions
créées dans les espaces d’échange et de travail collaboratif, à leur
articulation, aux rôles des apprenants et de l’enseignant, à leur
évaluation,… Cette foule d’axes qu’intègre le scénario sont autant de
questions, d’imprécisions et d’incertitudes qui pèsent sur le pédagogue.
S’y préparer, c’est anticiper l’aléa et rendre l’incertitude créative.
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